[Interview] Le Contrat de Transition Écologique dans la Nièvre

Bonjour Anne Savignon, vous travaillez au SIEEEN, au service transition énergétique climat et à l’agence locale de l’énergie et du climat de la Nièvre, le lancement du Contrat de Transition écologique s’est tenu vendredi 13 septembre dernier.

Qu’est-ce que le Contrat de Transition Ecologique (CTE) ?

Le Contrat de Transition énergétique est un dispositif national ouvert sur Appel à Projet aux territoires.

Comme son nom l’indique, le programme vise à s’engager plus fortement dans la transition écologique (énergie, eau, biodiversité, économie circulaire …) en faveur de l’économie et de ses habitants.

La Nièvre a répondu présent : 4 intercommunalités du Val de Loire se sont rapprochées, accompagnées par le SIEEEN, syndicat départemental d’énergie.

Quels sont les objectifs en Nièvre ?

Si le CTE ne prévoit pas de nouveaux financements nous pouvons mobiliser des fonds sur des sujets nouveaux ou pour lesquels il faut intensifier les efforts.

Deux grandes questions s’affirment comme essentielles aujourd’hui : comment appréhender les complémentarités urbain/rural de proximité ou consommateurs d’énergie et producteurs par exemple ? Mais aussi, comment nous pouvons valoriser avec un impact économique et une nouvelle attractivité nos espaces agricoles et forestiers qui stockent le carbone alors que d’autres vont devoir payer des contributions émetteurs de carbone ? Et second enjeu comment associer plus étroitement les habitants à cette transition écologique ?

Mais le programme projette aussi de proposer des actions concrètes par exemple en faveur de la mobilité, des énergies renouvelables.

Quels sont les acteurs impliqués dans le CTE ? Et pour y faire quoi ?

Le CTE est donc déposé et portés par 4 intercommunalités : Nevers Agglomération et les communautés de communes du Sud Nivernais, des Bertranges et Loire vignobles et Nohain. Pour les 3 premières, le CTE n’est qu’une suite logique de l’élaboration conjointe de leur Plan Climat Air Energie sur leur territoire (PCAET) qui visent, succinctement, à réduire les consommations d’énergie et de gaz à effet de serre, encourager les énergies renouvelables et anticiper les effets négatifs du changement climatique. Le SIEEEN prolonge son action d’assistance déjà apportée sur les Plans Climat. Nous partagerons des projets communs profitant des expériences et compétences de chacun. Cette candidature était d’ailleurs un peu originale.

Quelle est l’organisation retenue ?

Notre territoire ligérien a été lauréat parmi 130 le 9 juillet. Il nous faut déjà prévoir un contrat composé d’une quinzaine d’actions pour mi novembre. Sacré défi. Comme le CTE vivra sur une durée d’au moins 3 ans, nous proposerons des projets déjà bien avancés et travaillerons sur d’autres sur la période.

Plusieurs acteurs économique et social ont été informés. Votre lettre permet de diffuser plus largement l’information.

Les projets qui seront retenus devront démontrer leur valeur ajoutée en matière d’impact local, de contribution à la transition écologique, d’innovation, de réponses alternatives à des problèmes identifiés.

Encore une fois, pas d’enveloppes nouvelles mais la possibilité de faire reconnaître des projets et de trouver des financements auprès des différentes instances mobilisées pour le CTE (Etat, collectivités, banques des territoires etc…).

C’est donc l’occasion de faire connaître de la part d’une entreprise, d’associations, de collectivités, de professionnels agricoles et forestiers etc … des projets qui apportent leur pierre à cette transition écologique devenue nécessaire.

Concernant l’emploi et la formation : est-ce que ce sont des axes présents dans le CTE ? Quelles en sont les ambitions ?

Par définition le CTE agit sur l’activité locale et sur l’emploi, c’est un des vœux du ministère. Mais naturellement la question s’impose. La transition écologique peut devenir un nouveau modèle économique et social et nous comptons que nos territoires en tirent profit.

C’est à se questionner : comment la rénovation énergétique nécessaire, le maintien à domicile le plus longtemps possible sont pourvoyeurs d’emplois dans le BTP et de compétences qui évoluent logiquement avec de nouvelles demandes, de nouvelles techniques et technologies.

Mais aussi comment la Nièvre, à l’instar d’autres départements et même très ruraux, dispose de services en carence aujourd’hui (audits énergétiques pour les particuliers par exemples) ou peu développés (maintenance des installations d’énergies renouvelables). Enfin, comment prépare-t-on les nouveaux métiers qui accompagnent toute transition ?

Bref, beaucoup de sujets qui concernent la maison de l’emploi et de la formation de la Nièvre !

Merci Anne.