La place des groupements d’employeurs dans le monde de demain

En ce 7 mai 2020, nous sommes
pris entre plusieurs feux : comment sortir du « confort » du
confinement pour aller vers « l’inconnu du nécessaire
déconfinement », comment éviter un retour au monde « d’avant »
pour aller vers le monde « d’après », comment se situer entre les
Cassandre, toujours prompts à annoncer le pire et les optimistes qui annoncent un
changement de mode de vie afin que la crise n’ait pas eu uniquement que des
mauvais côtés ?

Je me situe résolument du côté
des optimistes !  Et j’aspire à un
monde où les « égoïsmes » laisseront la place à la « coopération »,
où les « moi d’abord » laisseront la place au « tous
ensemble », où l’«entre soi » laissera la place à « la
mutualisation ».

Je distinguerais deux
sphères : la personnelle – où la crise sanitaire a produit tellement
d’idées, d’actions, que je rêve d’une recension de tous ces moments de vivre et
faire ensemble – et l’économique – où les injonctions (Medef, Institut
Montaigne, pouvoirs publics) – laissent penser que les choses vont repartir
comme avant le confinement.

Je n’aborderais que l’économique
pour rappeler que des pans entiers de l’économie nationale pratiquent une
économie de l’autrement. Je veux parler notamment de l’économie sociale et
solidaire, les coopératives (SCOP, SCIC, CAE) l’insertion par l’activité
économique et les groupements d’employeurs.

Je laisserais aux représentants
de ces secteurs le soin de les présenter et les valoriser.

Pour ma part, en simple praticien
des groupements d’employeurs, je souligne que la mutualisation d’emploi, le
partage d’emploi entre des entreprises, souvent concurrentes, des associations
ou des collectivités territoriales produit du lien et du liant sur leurs
territoires d’implantation. Les groupements d’employeurs font chaque jour la
preuve de leur souplesse et de leur capacité d’adaptation. Ils inventent un
mode d’organisation de l’emploi où le collectif l’emporte sur l’individuel.

Les groupements d’employeurs
n’occupent pas la place qui devrait leur revenir. Combien d’entreprises,
d’associations, de collectivités territoriales ne connaissent pas ce
dispositif ? Combien de branches professionnelles ne se sont pas encore
emparées de cet outil pour le proposer à leurs adhérents ?

Il a fallu près quatre décennies
d’expérimentation, de réussites, parfois d’échecs pour parvenir à implanter
durablement les groupements d’employeurs.

J’espère que la crise sanitaire que nous traversons permettra aux groupements d’employeurs, ces structures collectives à bénéfice mutuel, de s’implanter durablement et apporter leur pierre à l’émergence de ce monde d’après.

Jean Dalichoux

contact@asparagus.fr

Cabinet Asparagus

                                                                                                                                                                                                       

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